"Rien, moins que rien, pourtant la vie." Aragon

A la découverte de la beauté et de la vie ...

A la découverte de la beauté et de la vie ...

lundi 10 mai 2010

Tout est fragilité, un poème de Charles Gardou ...

Photo d'un Albizia Julibrissin prise le long de la mer à Setubal

"Tout est fragilité, universelle loi.

Fragilité de nos pensées qui dessinent de mystérieuses
arabesques
De l'esprit dans ses infimes linéaments
Du corps naissant et déjà vieillissant,
Du temps qui fuit.

Fragile terre privée de pluie.

Fragilité de nos sécurités et des tours d'ivoire
qui nous protègent,
De l'acier de nos cottes de mailles,
De nos anges gardiens,
Des murs d'airain.

Fragile soleil dans son royaume céleste.

Fragilité de nos certitudes et de la science
qui délivre de frêles savoirs.
Des puissants auréolés de gloire et de médailles,
Des conquérants repus de possessions,
De leurs masques de héros.

Fragile orchidée aux premiers frimas de l'hiver.

Fragilité des illusions et mirages
qui peu à peu s'estompent.
De nos convenances et humaines conventions,
Des personnages que nous jouons,
De notre mage dans le miroir.

Fragile rossignol qui meurt de chanter.

Fragilité des chemins que l'on ouvre
au milieu de la cohue,
Des rivages où on jette l'ancre,
Des maisons nichées sous les falaises,
Du bonheur glissant entre nos doigts.

Fragiles flocons échappés d'un ciel clair-obscur.

Fragilité de cette fillette blottie
contre sa poupée de chiffon
D'un vieillard tremblant, voûté sur sa canne,
De ce mendiant tapi derrière ses pensées,
De ses mains jointes.

Fragiles envols et fragile clarté.

Fragilité des humains en précaire équilibre
dans le labyrinthe du monde,
De ce qui noue et dénoue la trame de leurs destinées,
Du sens de leurs inguérissables blessures,
De leur soif de vivre."

Charles Gardou,"Au nom de la fragilité. Des mots d'écrivains", Toulouse, érès, 2009, pp. 243-244


©photo de Veronika Pink partagée par une amie Caroline Dauga-Lacaze 
http://www.veronika-pinke-kunst.de/html/blumen.html

Je remercie de tout coeur Monsieur Charles Gardou, Professeur à l'université de Lumière-Lyon 2, pour m'avoir autorisée à publier ce poème qui me parle tellement.
D'autres livres récents, sur le même thème, sont disponibles chez l'éditeur : www.editions-eres.com - "Fragments sur le handicap et la vulnérabilité", érès, réédition 2009 -"Pascal, Frida Kahlo et les autres... Ou quand la vulnérabilité devient force", érès, 2009 - "Le handicap par ceux qui le vivent", érès, 2009


Concernant le livre "Pascal, Frida Kahlo et les autres ... ou quand la vulnérabilité devient force", qu'il me soit permis de reprendre la présentation qu'en fait l'éditeur :
"A travers l'œuvre-vie de Robert Schumann, Frida Kahlo, Blaise Pascal, Jean-Jacques Rousseau, Fedor Dostoïevski, Joël Bousquet, Helen Keller et Démosthène et bien d’autres figures souvent mythifiées, Charles Gardou donne à voir la place de la vulnérabilité dans toute vie et les ressorts nécessaires pour la surmonter. Comme tant d’anonymes, ces femmes et ces hommes font subir un renversement, un retournement au handicap.
Ils composent, peignent, écrivent, inventent, certes pour s'exprimer, mais avant tout pour s'emparer de leur vie et lui rendre sa hauteur.
Leurs itinéraires singuliers témoignent d'une réalité paradoxale : le handicap impose de multiples limitations et impuissances, d'indicibles détresses, des sentiments d'infériorité.
Il contraint à renoncer à des aspirations, il réduit parfois en poussière des désirs et des projets, il restreint certaines capacités mais, en aucun cas, il n'obère l'ensemble des possibilités d'un être. Certaines peuvent même s'accroître.
A l'heure où l'on exalte la facticité, où s'affiche la loi de la force avec indécence, l'auteur rappelle combien l’oubli des valeurs de la fragilité génère mépris et exclusion.
A l'instar de Fragments sur le handicap et la vulnérabilité (érès, 2005), il montre que l'homme est d'autant plus fort qu'il se connaît et s'assume vulnérable.
Il ouvre ainsi à une intelligence de la fragilité."
Quelle belle présentation qui nous incite vraiment à lire ce livre !

site des éditions érès : les livres de François Gardou : http://www.editions-eres.com/resultats_complets.php?Critere=gardou&Methode=CompletS





Fragilité de nos pensées qui dessinent de mystérieuses arabesques ...
















... de nos anges gardiens ...











Fragilité du corps naissant et déjà vieillissant






Fragilité de nos sécurités et des tours d'ivoire qui nous protègent ...
Magritte : La clef des champs, 1936










Fragile soleil dans son royaume céleste


Fragile orchidée aux premier frimas de l'hiver ..

 
Fragilité des illusions et mirages qui peu à peu s'estompent ...





Fragile rossignol qui meurt de chanter
©Photo Alberto Masi

Vncent van Gogh "Le vieil homme triste", 1890
Fragilité .. d'un vieillard ...






Fragiles envols et fragile clarté.
@Photo Annick Sert




Magritte, "Les amants", 1928

Fragilité des humains en précaire équilibre dans le labyrinthe du monde...



Merci à ma très chère amie Annick S. par qui cet article n'aurait pas été réalisé et à celles et ceux qui de près ou de loin m'ont prêté leur concours. J'ai aimé recherché dans ce que j'ai photographié ou chez d'autres des photos évoquant la fragilité ...


"Notre fragilité est ce qui nous rend uniques", Etgar Keret

"Malgré sa fragilité, la liane résiste au poids de la calebasse", Proverbe indien

©Photo Maria Monteiro
La fragilité et la force

Pour moi personnellement, la fragilité peut-être force ... et ... je ne suis pas la seule à le penser (voir Le Figaro Madame, paraboles.net : http://www.paraboles.net/site/presse_51.php)





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samedi 8 mai 2010

8 mai 1945 ...

Il y a 65 ans, les canons se taisaient en Europe ...




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jeudi 6 mai 2010

Douce Glycine ...


Enlaçant le bois millénaire
Des grappes dégoulinent
Telles des gouttes mauves et parme
La glycine parfumée et envoutante
Tisse ses larmes et ensorcelle.



Après mon modeste poème, je partage un très beau texte du poète belge Emile Verhaeren.

La glycine est fanée et morte est l'aubépine

La glycine est fanée et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur
Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
T'apporte les parfums de la pauvre Campine.

Aime et respire-les, en songeant à son sort
Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
Et le peu qu'on lui laisse, elle le donne encor.

En automne, jadis, nous avons vécu d'elle,
De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
Jusqu'en décembre où les anges de la Noël
Traversaient sa légende avec leurs grands coups d'aile.

Ton cœur s'y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;
Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
Et de rouets déchus qu'avaient usés leurs mains.

Notre calme maison dans la lande brumeuse
Etait claire aux regards et facile à l'accueil,
Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

Quand la nuit étalait sa totale splendeur
Sur l'innombrable et pâle et vaste somnolence,
Nous y avons reçu des leçons du silence
Dont notre âme jamais n'a oublié l'ardeur.

A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde
Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
Et remplis jusqu'aux bords de la ferveur du monde.

Nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas,
La tristesse des jours même nous était bonne
Et le peu de soleil de cette fin d'automne
Nous charmait d'autant plus qu'il semblait faible et las.

La glycine est fanée, et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
T'apporter les parfums de la pauvre Campine.






















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POESIE - William Blake

"Voir un monde dans un grain de sable. Et le ciel dans une fleur. Tenir l'infini dans la paume de sa main. Et l'éternité dans une heure." Williame Blake



J'aime relire de temps à autres des poèmes de William Blake, ce graveur, peintre et poète anglais, né à Londres en 1757 et décédé en 1827. Peu connu de son temps, les romantiques et les symbolistes virent en lui un précurseur audacieux.
C'est d'après beaucoup un artiste visionnaire qui croit au rôle prophétique de la poésie.
William Blake est une personnalité qui maîtrise aussi bien des formes d'expression  aussi différentes que la peinture ou la poésie !


Comme un voilier part dans la lumière du matin

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout...

Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "Il est parti !",
il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
s'exclament avec joie :
"Le voilà !"...

C'est cela la mort.


Photo ©Annick Sert

Mariage du Ciel et de l’Enfer (extrait)

Dans le temps des semailles, apprends ; dans le temps des moissons, enseigne ; en hiver, jouis.
Conduis ton char et ta charrue par-dessus les ossements des morts.
Le chemin de l’excès mène au palais de la Sagesse.
La Prudence est une riche et laide vieille fille à qui l’incapacité fait la cour.
Le Désir non suivi d’action engendre la pestilence.
Le ver que coupe la charrue, lui pardonne.
Celui qui aime l’eau, qu’on le plonge dans la rivière.
Un sage ne voit pas le même arbre qu’un fou.
Celui dont le visage est sans rayons ne deviendra jamais une étoile.
Des ouvrages du temps l’Éternité reste amoureuse.
La diligente abeille n’a pas de temps pour la tristesse.
Les heures de la folie sont mesurées par l’horloge, mais celles de la sagesse aucune horloge ne les peut mesurer.
Les seules nourritures salubres sont celles que ne prend ni nasse ni trébuchet.
Livre de comptes, toise et balance – garde cela pour les temps de disette.
L’oiseau ne vole jamais trop haut, qui vole de ses propres ailes.
Un corps mort ne venge pas d’une injure.
L’acte le plus sublime, c’est de placer un autre avant soi.
Si le fou persévérait dans sa folie, il rencontrerait la Sagesse.
Insanité, masque du fourbe.
Pudeur, masque de l’orgueil.
C’est avec les pierres de la Loi qu’on a bâti les prisons et avec les briques de la religion, les bordels.
Orgueil de paon, gloire de Dieu ;
Lubricité du bouc, munificence de Dieu ;
Colère du lion, sapience de Dieu ;
Nudité de la femme, travail de Dieu.
L’excès de chagrin rit ; l’excès de plaisir, pleure.
Le rugissement des lions, le hurlement des loups, le soulèvement de la mer en furie et le glaive destructeur, sont des morceaux d’éternité trop énormes pour l’œil des hommes.
Renard pris n’accuse que le piège.
La joie féconde, la douleur accouche.
Que l’homme vête la dépouille du lion ; la femme, la toison de la brebis.
A l’oiseau le nid ; à l’araignée la toile ; à l’homme l’amitié.
Le fou égoïste et souriant, et le fou morne et renfrogné, seront tenus tous deux pour sages, et serviront de verge et de fléau.
Évidence d’aujourd’hui, imagination d’hier.
Le rat, la souris, le renard, le lapin, regardent vers les racines ; le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent vers les fruits.
Citerne contient, fontaine déborde.
Une pensée, et l’immensité est emplie.
Sois toujours prêt à dire ton opinion, et le lâche t’évitera.
Tout ce qu’il est possible de croire, est un miroir de vérité.
L’aigle jamais n’a perdu plus de temps, qu’en écoutant les leçons du corbeau.
Le renard se pourvoit, Dieu pourvoit au lion.
Le matin, pense ; à midi, agis ; le soir, mange ; la nuit, dors.
Qui s’en est laissé imposer par toi, te connaît.
La charrue ne suit pas plus les paroles que la récompense de Dieu les prières.
Les tigres de la colère sont plus sages que les chevaux du savoir.
N’attends que du poison des eaux stagnantes.
Celui-là seul connaît la suffisance, qui d’abord a connu l’excès.
Souffrir les remontrances du fou : privilège royal.
Yeux, de feu ; narines, d’air ; bouche, d’eau ; barbe, de terre.
Pauvre en courage est riche en ruse.
Le pommier pour pousser ne prend point conseil du hêtre ; ni le lion, ni le cheval pour se nourrir.
Aux reconnaissants, les mains pleines.
C’est parce que d’autres ont été fous, que nous, nous pouvons ne pas l’être.
L’âme du doux plaisir ne peut être souillée.
Si plane un aigle, lève la tête ; tu contemples une parcelle de génie.
De même que la chenille choisit, pour y poser ses œufs, les feuilles les plus belles ; ainsi le prêtre pose ses malédictions sur nos plus belles joies.
Pour créer la moindre fleur, des siècles ont travaillé.
Malédiction tonifie ; Bénédiction lénifie.
Le meilleur vin, c’est le plus vieux ; la meilleure eaux, c’est la plus neuve.
Les prières ne labourent pas ! Les louanges, ne moissonnent pas ! Les joies, ne rient pas ! Les chagrins, ne pleurent pas !
Tête, le Sublime ; cœur, le Pathos ; génitoires, la Beauté ; pieds et mains, la Proportion.
Tel l’air à l’oiseau, ou la mer au poisson, le mépris à qui le mérite.
Le corbeau voudrait que tout soit noir, et le hibou que tout soit blanc.
Exubérance, c’est Beauté !
Le lion serait rusé, si conseillé par le renard.
La culture trace des chemins droits ; mais les chemins tortueux sans profit sont ceux-là mêmes du génie.
Plutôt étouffer un enfant au berceau, que de bercer d’insatisfaits désirs.
L’homme absent, la nature est stérile.
La vérité, jamais ne peut être dite de telle manière qu’elle soit comprise et ne soit pas crue.
Suffisamment – ou davantage encore.


The Echoing Green

The sun does arise,
And make happy the skies.
The merry bells ring
To welcome the spring.
The skylark and thrush,
The birds of the bush,
Sing louder around,
To the bells’ cheerful sound,
While our sports shall be seen
On the echoing green.

Old John with white hair
Does laugh away care,
Sitting under the oak,
Among the old folk.
They laugh at our play,
And soon they all say:
‘Such, such were the joys
When we all, girls and boys,
In our youth-time were seen
On the echoing green.’

Till the little ones weary
No more can be merry;
The sun does descend,
And our sports have an end.
Round the laps of their mother
Many sisters and brothers,
Like birds in their nest,
Are ready for rest;
And sport no more seen
On the darkening green.













































Le troisième poème en anglais a été trouvé sur le blog "words and dreams" d'une amie :
http://words-dreams.blogspot.com

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mardi 4 mai 2010

LANDART - Le retour à l'essentiel ... L'art en nature

... et clin d'oeil et de ♥ à une amie partie en vacances "au pays de Brocéliande" ... , grâce à qui cet article ne serait pas !!!

Photo ©Roger Dautais - http://rogerdautais.blogspot.com

Pour illustrer le Landart, j'ai choisi des photos de Roger Dautais sur son blog "le chemin des grands jardins" repris ci-deesus. Je suis tombée en admiration devant toutes ses créations pleines de poésie, de charme, de profondeur, accompagnées de textes, poème et réflexion !!! Superbe ...

Photo©Roger Dautais - http://rogerdautais.blogspot.com

Photo ©Roger Dautais - http://rogerdautais.blogspot.com


Photo ©Roger Dautais - http://rogerdautais.blogspot.com

Photo ©Roger Dautais - http://rogerdautais.blogspot.com









Le Landart est une tendance de l'art contemporain. C'est au coeur de la nature que les artistes s'investissent, aux fins de sortir l'Art des musées.
Land art, art in situ, art en nature, art environnemental, earthworks ... toutes appellations pour la même chose. Admirer des oeuvres d'art créées dans le cadre et avec les matériaux de la Nature, retrouver l'essentiel ...

lien du blog "l'attrape-rêve" (mAnaniya) sur le Landart et sur Andy Goldsworthy :
http://mananiya.blogspot.com/2008/05/river-and-tides-extraits-1.html

http://www.landarts.fr

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lundi 3 mai 2010

MORTS SURES de Benoit Chavaneau ...



Un livre d'un ami qui vient de sortir ... Benoit écrit de manière fantastique !!! Je l'ai commandé et me réjouis de le lire.


Sur le site :  http://www.juste-pour-lire.com/a-paraitre/18-morts-sures.html

GENRE
Thriller

AUTEURS
Hana Myo Shin et Benoît Chavaneau

L’HISTOIRE
Avec ses 44 hectares de tombes anonymes ou célèbres, le Père Lachaise est le plus romantique des cimetières parisiens.
Seulement voilà qu’une mystérieuse veuve noire se met à capturer toutes sortes de jeunes promeneuses., égarées dans les petites allées perdues… tandis qu’un émule de Jacques l’Eventreur décore les chapelles d’organes humains…
Autant d’incidents obscurs qui font un peu désordre, même en période de Toussaint.
Pour le commissaire Licci, géant débonnaire, chargé du secteur, et la désarmante Marie Loutre, limier de la Crime, le cauchemar ne fait que commencer…
Et il sera plein de « Morts Sûres »…

Avec « Morts Sûres », Benoit Chavaneau et sa complice Hana Myo-Shin renouent avec la tradition des grands romans feuilletons policiers fantastiques, ceux de Sax Rohmer ou Conan Doyle. Avec en plus une jubilation féroce et une qualité d’écriture qui vous entraînent dans le monde de la terreur pure.

LES AUTEURS
Benoît rêvait avant d’écrire
Benoît rêvait avant de vivre…
Il me semble que les élèves qui ont eu la chance de partager ses cours ne l’oublieront pas de sitôt, tant l’homme est riche de mille vies.
J’ai souvent l’impression que sa plume a volé au-dessus de toutes les mers, au-dessus de tous les horizons, enrichissant sans cesse la culture d’un conteur humble et songeur…
L’homme souffre beaucoup, mais avec une rare pudeur, toujours, ce qui donne à son encre un alcool d’émotion pure. Benoît, c’est l’émoi de nous deux. N’en cherchez jamais plus.
Hana Myo Shin, le 7 janvier 2010

Hana est entrée dans ma vie, une nuit de 2002, avec des mots écrits à L’encre de Feu. Le roman le plus passionnel, le plus charnel, le plus bouleversant jamais écrit par une femme. Avec Jeux de dames (noires et blanches quand elles sont nues), elle envoie balader l’érotisme aux pieds de l’amour. Hana, c’est la chair de mon papier, la vibration de mes silences et de chacun de mes mots. Hana , c’est ma nyubaï, cette averse de mousson qui martèle imperturbablement le papier huilé des ombrelles japonaises en automne… Mais elle est aussi mon Hanami, ce temps que l’on ne prend que là - bas, pour contempler les cerisiers en fleurs.
Hana c’est le toit de nous deux. N’en cherchez guère plus.
Benoît Chavaneau , Paris, janvier 2010




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samedi 1 mai 2010

1er mai. Le cœur du freesia qui me parle tant, le muguet de l'amour, de l'affection et de la tendresse ...



"La fleur est courte, mais la joie qu'elle a donnée une minute n'est pas de ces choses qui ont commencement ou fin" Paul Claudel





































"Le premier mai, c'est pas gai, 
Je trime a dit le muguet,
Muguet, sois pas chicaneur,
Car tu donnes du bonheur."

Georges Brassens, Paroles de la chanson "discours des fleurs".


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mardi 27 avril 2010

Jacques Prévert, pour faire le portrait d'un oiseau ... apprivoiser

 ©Photo Alex Millar, Canada

J'aime ce poème très connu de Prévert.
Pour moi il signifie "apprivoiser" ...
Tout en délicatesse, ce poème nous rappelle la patience, la finesse, le silence, la volonté qu'il nous faut avoir pour apprivoiser les autres, ceux qui nous entourent, ceux que nous aimons.
Construire une vie, des relations humaines, des amitiés, c'est un peu  comme le fait le peintre de Prévert, agir avec cœur, avec patience, sans se décourager, respecter et ne pas brusquer  ...
Apprivoiser ... Comme l'a écrit très justement Antoine de Saint-Exupéry, "On ne connait que les choses qu'on apprivoise". 
Alors "vous arrachez tout doucement une plume de l'oiseau et vous écrivez votre nom dans le coin du tableau".


 ©Photo Alex Millar, Canada

"Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau."

Jacques Prévert





Many thanks to my dear friend Alex Millar for his two wonderful photos.


For him and his friends, I tried to translate the texts. But my english is bad ... A friend helped me to correct the poem. Thank you to her.

My first text :

I love this poem of well known Jacques Prévert.
To me it means "tame" ...
While delicacy, this poem reminds us patience, subtlety, silence, will be that we need to tame those others around us, those we love.
Build a life, relationships, friendships, it's like the fact the painter Prévert act with heart, with patience, without being discouraged, respect and not to rush ...
Taming ... As aptly wrote Antoine de Saint-Exupery, "It only knows the things you tame."
Then "you gently pull a feather from the bird and you write your name in the corner of the painting.


The poem of Prévert :

To make the portrait of a bird

"First, paint a cage
with an open door
then paint
something nice
something simple
something beautiful
something useful
the bird
then place the canvas against a tree
a garden
a wood
or in a forest
hiding behind the tree
silently
without moving ...
Sometimes the bird comes quickly
but it may as well take many years
before deciding
Do not be discouraged
expect
wait if necessary for years
speed or slow the arrival of the bird
unrelated
with the success of the canvas
When the bird arrives
it happens
observe the deepest silence
wait until the bird enters the cage
when he is
gently close the door with the paintbrush
then
delete one by one all the bars
taking care not to touch any of the feathers of the bird
Then make the portrait of the tree
choosing the most beautiful of its branches
for the bird

paint also the green foliage and the cool wind
the dust of the sun
and the noise of the beasts on grass in the summer heat
and then wait until the bird decides to sing
If the bird does not sing
it's bad sign
indicates that the canvas is bad
but if he sings, it's a good sign
sign that you can sign
Then you pull gently
One of the feathers off the bird

and you write your name in a corner of the painting. "

Jacques Prévert

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dimanche 25 avril 2010

Luc Schuiten, un architecte peintre, poète et rêveur ...

©Luc Schuiten 
 
Luc Schuiten a publié aux Editions Mardaga deux livres splendides.
Cet architecte bruxellois a beaucoup construit, le plus souvent des immeubles organiques, originaux et végétaux. Mais il est aussi peintre et utopiste (au beau sens du terme), poète et rêveur. Il imagine des villes qui pourraient (ou auraient pu) voir le jour, si les gens le voulaient.
Le premier livre que j'ai pu feuilleter et qui m'a été recommandé par mon professeur de peinture se nomme "Archiborescence".

 

L’archiborescence : nom nouveau issu de la contraction d’architecture et d’arborescence.
Il est utilisé ici pour nommer l’architecture qui utilise principalement pour matériaux de construction toutes formes d’organismes vivants.
(définition trouvée sur la page web du site ci-après repris).

Ses villes ont la forme de fleurs de lotus ou sont envahies par les arbres. Il invente les "habitarbres", les "jardins verticaux", les maisons "biosolaires", etc...qui permettent de voyager et de rêver. Ses utopies sont autant de stimulants pour que nous comprenions qu’une autre ville, une autre vie, est possible.


 ©Luc Schuiten
 
Luc Schuiten a sorti également "Vegetal City".



On y voit ce que certains quartiers de Bruxelles ou d'autres villes, telles que Nantes, pourraient devenir. Comme il l'indique, il s'agit d'un "tentative de réconciliation et de coopération avec la nature afin de pouvoir vivre ensemble dans l'équilibre d'une nouvelle symbiose."

Je ne peux qu'admirer ce poète de la ville qui nous fait rêver à un retour à la nature ....
Les deux sites dont j'ai repris les liens sont très complets et je ne peux que vous renvoyer aux rêves de Luc Schuiten en les consultant.

©Luc Schuiten - Nantes


©Luc Schuiten

Vidéo sur l'évolution d'une rue de 1850 à 2150.


Vidéo- reportage RTBF "Hep Taxi" avec Thierry Lhermitte et Luc Schuiten
Au sujet des transports, je rédigerai dans les semaines à venir un article sur le projet "Cop to Cap" réalisé par deux belges partis de Copenhague jusqu'à Captown à bord d'un prototype.


vidéo Living city

lien d'Archiborescence : http://www.archiborescence.net/archiborescence
lien de Vegetal City : http://citevegetale.net/index.html


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