"Rien, moins que rien, pourtant la vie." Aragon

A la découverte de la beauté et de la vie ...

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jeudi 2 février 2012

Light Painting

Le light painting (littéralement "peinture de lumière" en français) est une technique de prise de vue photographique. Elle est une discipline encore méconnue. Il s’agit d’œuvres de lumière, éphémères, mais captées par un appareil photo, avec un temps d’exposition long. Les œuvres de light painting sont donc le résultat d’un jeu de lumière auquel on peut ajouter des personnages. Il faut un environnement sombre et une source de lumière en mouvement qui « dessine » dans les airs.

Le photographe américan Man Ray a réalisé plusieurs oeuvres, en utilisant cette technique en 1937 déjà.  De même Pablo Picasso et le photographe Gjon Mili ont créé une série de photographies en 1949 en faisant un rapide crayonné dans l'air.

  Man Ray - Space-Writing, 1937

Picasso et Gjon Mili "Space Drawing 3"



Le peintre Georges Mathieu


D'autres photographes actuellement utilisent cette technique et nous donnent beaucoup d'émotions.

Michel Séméniako

 Ladika L.P. "Earth day Hour 2009"


Ballet de lucioles photographié au Japon (photographe inconnu - nom indéchiffrable)


De nombreuses vidéos ont été créées dont j'en  retiens une tout spécialement : elle montre la mise en oeuvre de cette technique, dans le cadre d'une publicité pour la marque automobile Daewoo.






Une autre très belle vidéo de Ladikan Lightning Project :

-



Mes quatre premiers essais que j'ai expérimenté lors d'un premier apprentissage de cette technique donné Manu di Martino, artiste visuel :






Liens :
http://www.okus.be (toile d'interactions autour des Arts et des disciplines visuelles)
http://www.jadikan-lp.com
http://lightpaintingphotography.com/ (site en anglais)

A noter qu'il existe de nombreuses vidéos 'en français et en anglais) apprenant comme créer du "light painting"

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jeudi 14 juillet 2011

Picasso, les demoiselles d'Avignon

Lors d'un récent séjour à New-York, j'ai été éblouie par le si célèbre tableau de Picasso. Je ne puis m'empêcher ici de reproduire le commentaire rédigé dans le catalogue du Moma : "MoMa Highlights".


Moma,  Huile sur toile, 243,9 x 233,7 cm
Tableau Photographié par moi-même

"Les Demoiselles d'Avignon (1907) est une œuvre majeure dans la genèse de l'art moderne. Le tableau représente cinq prostituées, nues, dans une maison close; deux d'entre elles écartent les rideaux entourant l'espace où les autres femmes prennent des poses érotiques et séduisantes. Leurs figurent se composent de plans plats, fragmentés, au lieu de volumes arrondis; leurs yeux sont de travers, fixes ou asymétriques, et les têtes des deux femmes se trouvant à droite ont la forme de masques effrayants. L'espace aussi, au lieu de s'éloigner, se rapproche sous la forme de tessons brisés. Dans la nature morte placée en bas, un quartier de pastèque fend l'air, telle une faux.
Les visages des figures de droite ont été peints sous l'influence des masques africains, qui, disait Picasso, avaient une fonction de protection magique contre les mauvais esprits : cette toie, affirma-t-il par la suite, fut sa "première peinture exorciste". Il avait à l'esprit le danger des terribles maladies sexuelles qui menaçaient la population à l'époque; des esquisses antérieures à cette œuvre font clairement le lien entre le plaisir sexuel et la mort. Par le traitement brutal du corps et les oppositions de couleur et de style (parmi les autres sources de cette toile on trouve l'ancienne statuaire ibérique et le travail de Cézanne), le tableau marque une rupture radicale avec la compostion et la perspective classique."
Moma Highlights.


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dimanche 6 mars 2011

Parcours d'artistes, Parcours de femmes, "VOUS ETES ICI"

Depuis six ans, le Centre Culturel de Huy propose de mettre en valeur l'expression artistique des femmes, à l'occasion de la journée de la femme.
Des femmes qui créent, osent, proposent, parlent, s'exposent.
Un parcours dans une ville, dans ma ville : "Vous êtes ici"
Une septantaine de femmes exposent dans plus de vingt lieux répartis sur le territoire de la ville.
J'ai choisi d'exposer une de mes dernières peintures dans le coeur historique de Huy, place Verte, derrière la Grand place, dans une maison consacrée notamment à l'Art.


"La Terre en héritage", Tryptique, huile sur toile



VOUS ETES ICI : à la Maison Nokin

Cette maison patricienne présente deux périodes de construction. Sa disposition en L avec tourelle d'escaliers à angle est caractéristique des bâtiments du style gothico-renaissance à Huy au début du 16e siècle. Réalisée à l'époque au départ d'un édifice médiéval, probablement du 13e siècle. Son rez-de-chaussée abrite une galerie d'art. (source : pays de Huy)






L'Eglise Saint Mengold

Implantée également au coeur de la vieille ville, à côté de la Maison Nokin, dans le cadre poétique et reposant de la Place Verte, l'Eglise Saint-Mengold, désaffectée depuis 1979, est une construction gothique en calcaire de Meuse, datant de la 2ème moitié du XVè siècle.
Cette église fut dédiée à Saint-Mengold, prince anglais selon la légende, qui devint 9ème comte de Huy et second patron de la ville après son assassinat en 909.




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mardi 15 février 2011

Technologie ... Art Project par Google





Google a créé une galerie en ligne qui permet de voir et d'analyser des oeuvres en restant chez soi.

L’Art Project est une collaboration unique en son genre qui permet aux utilisateurs de découvrir plus d’un millier d’œuvres d’art numérisées dans quelques 17 musée, tels le MOMA à New-York, le Musée Van Gogh d'Amsterdam, etc...
Petite anecdote qui n’est pas sans importance : les tableaux ont été photographiés en très très haute définition allant jusqu’à 7 milliards de pixels pour certains d’entre eux. Les utilisateurs peuvent ainsi zoomer et découvrir des détails qu’ils n’auraient jamais pu apercevoir autrement. Ils peuvent également naviguer librement dans les différents musées virtuelles, avec des vues à 360°.

Démarche intéressante s'il en est, il pose malgré tout une question : n'y a t'il pas un rôle "social" du musée, de la rencontre réelle avec les oeuvres, des ateliers créées pour les enfants, etc, etc.
Je pense sincèrement qu'il faut pouvoir se servir de ce nouvel outil très novateur, en n'oubliant pas la démarche tellement émouvante et envoûtante de la rencontre du spectateur avec les oeuvres des grands maîtres.

Le site : http://www.googleartproject.com

Vidéos de présentation :







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samedi 8 janvier 2011

MATISSE - La danse

La danse (première version) 1909
Huile sur toile 259,7 x 390.1 - MOMA

Image monumentale de joie et d'énergie, La Danse est aussi une oeuvre remarquablement audacieuse. Matisse peignit cette toile tout en préparant une décoration commandée par un collectionneur moscovite.  La version finale de cette scène, la Danse (II), fut montrée à Paris en 1910.
D'une composition presque identique à ce tableau, sa simplification du corps humain fut décriée comme inepte ou délibérément grossière. On remarqua également le rendu radicalement plat de l'ensemble : l'absence de perspective et de raccourcis fait apparaître de la même taille les figures proches et lointaines et le ciel comme un large aplat bleu. Cela est également vrai pour la première version.
Ici, la figure de gauche avance dans un but précis; la force de son corps est accentuée par la ligne courbe continue, qui va de son pied en arrière jusqu'à sa poitrine. Les autres danseuses sont si légères, qu'elles semblent s'envoler.
A peine esquissée, la femme de droite a un pied qui se dissout dans la fluidité de la peinture, tandis qu'elle se tourne.
Le bras de la danseuse qui est à sa gauche s'étire littéralement pour atteindre la main de celle qui mène la danse, l'élan ayant brisé la ronde. 
Les bords de la toile semblent avoir du mal à contenir le tournoiement des danseuses.
Extrait du Catalogue du MOMA

"La danse signifie rythme et vie" Matisse


La danse II - 1909
Huile sur toile 260 x 391 - Hermitage Museum

Je suis tombée en extase devant ce tableau à l'Hermitage à St Petersbourg...
Tout comme aujourd'hui, une vive émotion m'envahit en regardant cette vidéo fabuleuse qui montre bien le rythme et la vie ... intégrée en différents paysages infinis ... Un vrai bijou. Quelle joie. ♫♪



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samedi 18 décembre 2010

Ensor démasqué ... Autour des expositons à Bruxelles, à l'occasion des 150 ans de sa naissance

Ensor au chapeau fleuri, 1883


Le peintre James Ensor est né il y a 150 ans.
A cette occasion, ING, le Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers et le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles ont décidé d'unir leurs forces et présentent de toutes belles expositions.

Pour comprendre l'oeuvre d'Ensor, peintre et graveur d'exception, les historiens de l'Art nous indiquent qu'il faut connaître sa vie.
Cet article ne se veut que donner quelques touches de sa vie, de sa pensée, de son oeuvre.
Ensor naît de père anglais, riche et bourgeois, ingénieur, qui sombre très vite, hélas, dans l'alcoolisme et décède très jeune. C'est pourtant le seul de sa famille à avoir cru à la carrière du peintre.

 "Portrait du père de l'artiste", 1881


La mère du peintre est ostendaise, de classe sociale modeste, qui tient une boutique de souvenirs, bibelots, coquillages et masques.

"Portrait de la mère de l'artiste", 1882


Ensor va très vite, dès lors, vivre dans un monde très féminin, entouré en outre de sa grande-mère et de sa tante.
Son atelier se situe dans la boutique familiale. Il a vu sur les toits d'Ostende.

 "Les toits d'Ostende", 1884

De belle prestance, Ensor est quelque peu narcissique (il a peint 122 autoportraits), de caractère ombrageux et angoissé, obsédé depuis sa prime jeunesse par la mort.
Mais il y a la mer, toute proche, la campagne flamande, la boutique emplie de merveilles, la ville et le Carnaval d'Ostende.
Ne voyageant pas, il peint tout ce qui lui est proche,

"Le phare d'Ostende", 1885


"Carnaval sur la plage", 1887


Il quitte sa ville pour suivre les cours à l'Académie de Bruxelles. Il considère qu'il n'y apprend que peu de choses, mais ce qui est important à ses yeux, ce sont ses collègues.
En effet, dans sa vie de peintre, ses compagnons joueront un rôle important, entres autres  : Fernand Khnopff, Léon Hoyoux, Willy Finch, Théo Hannon.

 "Portrait de Willy Finch au chevalet", 1882
 

 "Portrait de Théo Hannon", 1882


En 1884, il compte parmi les fondateurs du groupe des XX, cercle d'avant-garde qui allait exposer Seurat, Gauguin, Van Gogh et Cézanne..
Méconnu pendant ses années de génie, Ensor fut fêté dans sa vieillesse. 
A de nombreuses reprises, en effet, ses œuvres font l'objet d'attaques violentes à propos de son mélange de bouffonnerie et de cauchemar qui caractérise le génie d'Ensor, mélange dont il n'existe d'équivalent que chez Goya.

"Masques devant la mort"


"L'intrigue", 1890

 
L'historienne de l'Art, Francine-Claire Legrand, a écrit un livre remarquable sur Ensor, dont je me permets de citer ici quelques extraits.

"Ensor appartient à la race des génies précoces. 
A vingt ans, il accède à la maturité. Son geste est assuré, sa matière nourrie, sa palette tantôt stridente, tantôt d'une douceur pénétrante, tantôt sombre et réchauffée de lueurs. Il a sa place dans l'avant-garde.

 "Vue de la plaine des Flandres, 1876


 "Les deux moulins", 1880


Entre vingt-six et trente-deux ans, il bouleverse toutes les règles établies comme une rafale d'orage. Impossible de suivre encore ce novateur hors série. (...)

"Nature morte au canard", 1880


"Fleurs et légumes", 1896

"L'entrée du Christ à Jérusalem", 1885


"Vieille femme aux masques", 1889


Ses inventions ont échappé au contexte de l'époque, ses prouesses picturales sont en marge des techniques traditionnelles.
Une dynamique curviligne emporte son pinceau au travers des clartés d'aurore. Le drame cosmique fait explosion dans son oeuvre. (...)

 "Adam et Eve chassés du paradis terrestre" Etude de lumière, 1887


 "Après 'orage", 1880


Ensor demeure fasciné par l'être de solitude en son enveloppe charnelle. L'énigme de la condition humaine dans les espaces en mouvement excite son imagination. Il guette la mort embusquée sous les grimaces et squelettes en action sous les chairs.(...)


L'étonnement du masque Wouse", 1889
"Portrait de l'artiste entouré de masques", 1889


Lorsqu'Ensor meurt à quatre-vingt-neuf ans, il est à la fois célèbre et méconnu, victime de l'accélération des mouvements artistiques, dont il a le premier subi les effets.
N'a-t-il pas exploré en quinze ans plus d'un demi-siècle de peinture, partant du naturalisme, le transcendant par la monumentalité et l'esprit de synthèse, adoptant la peinture claire, mais s'en servant pour passer au-délà de la lumière, découvrant tour à tour la dimension du rêve, le pouvoir absolu de la couleur, la liberté de former ou de déformer au gré de son impulsion, puis réunissant en un bouquet trop éclatant le symbolisme, le fauvisme, l'expressionnisme ?"

Francine Claire-Legrand, "Ensor, précurseur de l'Art Moderne" , La Renaissance du livre, 1999


James Ensor, 1908, "La mangeuse d'huitres"


La mangeuse d'huitres m'a terriblement impressionnée ...Elle appartient à la période dite "claire" de James Ensor. Lumières, couleurs, équilibre, composition... Il se dégage une clarté inouie !

"Quelle joie, quelle fête, quelle liesse de couleurs répandues sur la table où la mangeuse a pris place ! Bouteilles, verres assiettes, citrons, vins, liqueurs s'influencent, se pénètrent de lueurs, entrent pour ainsi dire les uns dans les autres et maintiennent quand même, triomphantes, la solidité et la rigueur de leurs  formes", Emile Verhaeren, 1908



"La cabine de bain", 1876 (peinte à l'age de 16 ans)


"Marine au nuage blanc", 1884


La mer suscite pour Ensor de douces effusions.
"Ici je deviens mélancolique et voudrais habiter une grande cabane devant la mer. Je la tapisserais de coquillages nacrés et dormirais là, idéalement bercé par le bruit de la mer avec une belle fille flegmatique et blonde à la chair salée. Quel rêve délicieux et réalisable ! ..." Ensor



Deux tableaux durant la période majeure dès 1885 où Ensor aborde le côté fantastique. Se produit un changement radical. Les couleurs sont fortes (alors que le fauvisme n'est pas encore né) et les touches sont serrées et rapides. A cette époque, Ensor est en proie au doute, aux angoisses; il est perturbé et devient révolté.


"Les tribulations de Saint-Antoine", 1887


"La chute des anges rebelles", 1889


"L'art est fille de douleur et sauf de rares instants, j'ai pactisé avec les amertumes et les désillusions. J'ai été livré aux angoisses de la création, je suis tout seul ici devant la sévère peinture. La peinture est un art absorbant et terrible, elle ne donne jamais entière satisfaction." James Ensor


Photographie de James Ensor


150 ans après sa naissance, James Ensor fascine toujours.
Mais est-il vraiment démasqué ... ?

Lien d'une des l'expositions : http://www.ing.be/about/showdoc.jsp?docid=442920_fr&menopt=iso|ens|hom&WT.srch=1&WT.mc_id=690011_sea_FR&gclid=CJPvx5Hg9aUCFQZO4QodD17Gog

Vidéo


Visite de la maison Ensor à Ostende


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