"Rien, moins que rien, pourtant la vie." Aragon

A la découverte de la beauté et de la vie ...

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mercredi 12 mai 2010

PEINTURE - Nicolas De Staël

"Parc des Princes" (Les grands footballeurs), 1952

De Saint-Pétersbourg à Antibes, entre figuratif et abstrait, entre culture slave et amour de la France, entre espoir d'une lumière d'Italie et désespoir d'une porte qui se referme trop tôt, Nicolas de Staël était un homme partagé... (Passion Estampes).

"Bateaux"

Issu d'une famille aristocratique russe, Nicolas de Staël est devenu un des artistes les plus importants de son époque.
Formé à l'Académie royale de Bruxelles, le peintre voyage beaucoup en Europe et en Afrique du Nord, suite à son engagement dans la Légion étrangère. Il finit par se fixer en France.

Sa peinture est figurative au départ et évolue vers l'abstraction et la matière.
Cette matière devient à un moment donnée primordiale, il la travaille quasiment au corps à corps, passant du pinceau au couteau, du couteau à la truelle et au racloir. Vibrations, violence du geste et superpositions de couleurs le rapprochent des expressionnistes. Ce travail au couteau me touche à titre personnel.

 "Le Parc des Princes", 1952

 Parc des Sceaux, 1952
Ciel à Honfleur, 1952

 "Agrigente", 1953

Quelques années avant sa mort, il revient à la peinture figurative où le sujet est présent, beaucoup plus fluide, transparente, peinture de lumière, comme un message d’opalescence, de mélodie du silence annonçant ainsi, telle le "Grand Concert', la fin de sa vie.

Paysage d'Antibes, 1954

 Le Grand Concert, 1955 (sa dernière toile, inachevée)

Devant cette dernière toile, inachevée, je fais silence, en pensant à cette mélodie de la vie, de sa vie que nous a livrée ce fabuleux peintre.
Car la peinture de Nicolas de Staël s'adresse à notre coeur et à notre âme, comme il s'adressait à René Schar, à propos de la peinture "le fort carré d'Antibes", (1955)


Le champ de tous et celui de chacun, trop pauvre, momentanément abandonné,
Nicolas de Staël nous met en chemise et au vent la pierre fracassée.
Dans l'aven des couleurs, il la trempe, il la baigne, il l'agite, il la fronce.
Les toiliers de l'espace lui offrent un orchestre.

Ô toile de rocher, qui frémis, montrée nue sur la corde d'amour !
En secret un grand peintre va te vêtir, pour tous les yeux, du désir le plus entier et le moins exigeant.

René Char - Nicolas de Staël, 1952 - Recherche de la base et du sommet, II. Alliés substantiels

"Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant", 1955


"Toute ma vie, j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations, de toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai trouvé d'autre issue que la peinture."

"Je vais aller sans espoir jusqu'au bout de mes déchirements, jusqu'à leur tendresse."



Dossier didactique : http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-destael/ENS-destael.html


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