"Rien, moins que rien, pourtant la vie." Aragon

A la découverte de la beauté et de la vie ...

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dimanche 4 avril 2010

Vincent van Gogh ... un homme universel, une vie.

Autoportrait, 1889, Musée d'Orsay, Paris

Je pensais ne pas aborder la biographie de Vincent van Gogh. Sa vie très courte mais intense m'a rappelé qu'il est important de situer Vincent dans son œuvre. Et puis, quel homme attachant était ce fabuleux peintre ! En relisant quelques extraits de ses lettres à son frère Théo, je ne puis m'empêcher d'être émue devant son destin, ses émotions, ses passions, ses questions, ses tourments. Tout être humain se retrouve en Vincent.

Vincent van Gogh est né à Groot-Zundert (Brabant Hollandais) en 1853 et décédé à Auvers-Sur-Oise (France) en 1890, à l'âge de 37 ans.
Courte vie que celle de ce peintre fabuleux qui a produit un nombre innombrable de tableaux en dix ans ...

Issu d'une famille de pasteurs protestants, il travaille d'abord comme marchand d'art à La Haye, Londres et Paris avant de devenir précepteur puis prédicateur chez les mineurs, à qui il doit apporter assistance et salut. Licencié, il se consacre à la peinture.

Au début il peint des scènes représentant des pauvres gens, ce qui reflète son engagement profond pour les déshérités, en couleurs sombres.

Les mangeurs de pommes-de-terre, 1885, Kröller-Müller Museum, Otterlo (NL)


Deux paysannes aux champs, 1883, van Gogh Museum, Amsterdam


Vincent ne parvient pas à se faire des amis, à cause de son caractère mélancolique et emporté.
Il souffrira intensément de cette solitude et la peinture sera sa seule consolation.


Tête de paysanne, coiffée d'un bonnet blanc, 1885

A un moment, il tentera de suivre des Cours à l'Académie d'Anvers, mais préfère peindre en plein-air et découvre le charme des estampes japonaises qui l'influenceront durablement. Il tentera d'ailleurs d'en transposer quelques motifs sur la toile.

Allée des Peupliers, 1885


Botte de foins dans un champ, 1885, Kröller-Müller Museum, Otterlo (NL)


Japonaiserie, floraison d'un prunier, d'après Hiroshige, 1887, van Gogh Museum, Amsterdam


Il part à Paris en 1886 et les années qu'il y passera marqueront un tournant dans sa peinture. Ainsi sa rencontre avec les impressionnistes et Gauguin.


Moulin de Montmartre, 1886, peinture détruite par le feu


Rives de la Seine, 18887, van Gogh Museum, Amsterdam

A Paris, Vincent rencontre, entre autres, le Père Tanguy, marchand de couleurs, rue des Martyrs. Sa boutique était tout à fait minuscule que les peintres ne pouvaient y exposer qu'un tableau à la fois ... C'est là que les Monet, Sisley, Renoir, Pissaro, Basille, Jongkind et van Gogh exposent.
Ce dernier a réalisé une superbe portrait du Père Tanguy, représenté assis, devant les estampes japonaises ayant appartenu à Vincent.

Portrait du Père Tanguy, 1887, Musée Rodin, Paris


En 1888, recherchant la lumière du Midi, il s'installe à Arles, rejoint d'ailleurs par Gauguin. Il peint également à l'asile Saint-Paul de Saint-Remy-de-Provence et rejoindra à Auvers-sur-Oise le Docteur Gachet qui deviendra son ami, comme celui de nombreux peintres d'ailleurs.

Jardin fleuri à Arles, 1888


Jardin de l'Hôpital Saint-Paul, 1889


Portrait du Docteur Gachet, 1890, Musée d'Orsay, Paris


L'Eglise d'Auvers, 1890, Musée d'Orsay, Paris


Mais le médecin ne pourra guérir son ami Vincent de son état dépressif et le peintre se suicidera en 1890, après avoir créé les deux dernières années de sa vie 463 tableaux qui feront sa gloire post-mortem et exerceront une profonde influence sur l'art du XXè siècle...

Champ de blé aux Corbeaux, 1890, van Gogh Museum, Amsterdam


Durant toute sa vie, Vincent van Gogh restera étroitement lié à son frère Théo qui l'a d'ailleurs soutenu financièrement tout au long de sa carrière de peinture, puisqu'il ne vendra qu'une seule toile.

Van Gogh, qui disait de lui-même qu'il peignait toute chose avec une véritable passion, considérait sa vocation d'artiste comme une mission au service de l'humanité, mission dont les tableaux devaient être les supports.


Le Semeur, 1888, Kröller-Müller Museum, Otterlo (NL)


Vincent van Gogh a vraiment laissé un message universel.
Il a semé pour les générations futures ...


Quelques extraits de lettres de Vincent à son frère Théo :

- N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir.

- Cette vie artistique, que nous savons ne pas être la vraie, me paraît si vivante et ce serait ingrat que de ne pas s'en contenter.

- J'ai compris que, même pauvre et nécessiteux aux regards du monde, on peut s'enrichir en Dieu et que ce trésor là, nul ne peut vous l'enlever.

- Nous serons pauvres et nous souffrirons la misère autant qu'il le faut, comme une ville assiégée qui n'entend pas capituler, mais nous montrerons que nous sommes quelque chose.

- Néanmoins, je préfère peindre les yeux des hommes que les cathédrales, car dans les yeux, il y a quelque chose qu’il n’y a pas dans les cathédrales, même si elles sont majestueuses et qu’elles en imposent, l’âme d’un homme, même si c’est un pauvre gueux ou une fille de rue, est plus intéressante à mes yeux.


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4 commentaires:

mAnaniya, a dit…

Passionnant et merci pour ces références aux lettres adressées par Van Gogh à son frère.
J'aime à relire ces lettres, témoignage privilégié de ses rêves et de ses dé­ceptions, de ses amitiés et disputes, de sa lutte contre la maladie ..., qui mettent l’homme et l’artiste à nu.
Du peintre paysan au peintre moderne, on y découvre sa volonté de créer un art capable de résister au temps.

Anne a dit…

Ton commentaire me touche, Annick, car je me suis attelée à un exercice périlleux, celui de la biographie du peintre ...
Oui, j'aime aussi les lettres si humaines de Vincent, qui nous ramène un peu à nous-mêmes finalement ...
Merci pour ton passage ici et pour ton intérêt !

Anonyme a dit…

Mille merci, j'ai toujours voulu connaitre les mots derrière ces grandes oeuvre... Van Gogh me dirait de me contenter de ses peintures, mais comme mon art c'est celui des mots... Il me pardonnerait.

Anne a dit…

Merci de votre passage, à vous anonyme ... Mais j'aimerais connaître vos mots !